Petite nuit blanche en prévision du départ, la base. Le vol pour Delhi va durer onze heures avec une escale de deux heures à Moscou. Arrivé à Delhi, je me prends la première disquette de mon séjour. J’ai le malheur de dire au taximan que je n’ai pas pris mon billet pour Gajner. Il me fait alors comprendre que pour l’horaire que je souhaite il n’y aura pas de place, du coup il m’amène dans un hôtel non loin de l’aéroport. Comme j’arrive avant 12h, je paie la nuit en cours (60 euros en tout).

 Heureusement, il y a internet et je commence à chercher les billets pour me rendre à mon lieu d’affectation. L’option train apparaît vite compromise, il reste donc le bus… Il est 14 heures quand je m’y résous. Je laisse la chambre dans la foulée (oui j’ai payé 60 euros pour dix heures, souffrance). Chargé comme une mule, je sors de l’hôtel et je me dirige vers Aero City Airport (station de métro la plus proche). Après avoir sué comme une bête pendant une dizaine de minutes j’y arrive. Là surprise, pour aller sur le quai, tu passes par un contrôle aéroportuaire : enlevage de ceinture, passage sous portillon métallique, scan des sacs, etc. Le métro de Delhi est propre quoiqu’extrêmement bondé. Après bien des galères, je parviens à l’ISBT (Inter State Bus Terminal) de Kasmere Gate. J’arrive trempé à l’accueil : « Hello, a ticket for Bikaner, Rajasthan please ». La meuf me pointe son collègue situé dans une cabine. J’y vais et je réitère ma demande. A ce moment, le gars, qui est posé à son bureau, lâche un gros crachat bien fat sur sa droite dans, je l’espère, une poubelle que je ne vois pas. Après s’être mis à l’aise, il m’apprend que le bus partira le soir à 21h15 et que les billets seront disponibles à la vente qu’à partir de 21 heures. Inutile de préciser qu’à 16 heures, le bus en question n’est toujours pas affiché. Je devrai attendre 20h50 pour qu’il le soit…

 Entre temps, j’ai tout le loisir de me balader dans la gare. Des chiens errants en meute qui cavalent dans la gare, qui s’approchent de la bouffe des vendeurs ambulants qui eux-mêmes serrent la main à toute la terre et qui te servent ensuite les pâtisseries sans gant. Ce petit spectacle m’incite à préférer le chips/coca. Vient 21 heures, et c’est parti pour 16 heures de bus. Un brouillard épais nous accompagnera tout le long et il est vraiment surprenant qu’il ne soit rien arrivé. Durant le trajet, je fais la connaissance d’Harun (« The rising sun ») qui me donne les conseils habituels : ne rie n’accepter d’étrangers, tenir à portée de main les documents importants.

 Arrivé à Bikaner, changement de bus pour Gajner après avoir pris un rickshaw. Le premier bus que je prends fait un « by pass », autrement dit il ne va pas directement à destination mais s’arrête pas loin, il faut alors compléter à pied ou en taxi. Une fois posé dans le bus, je me fais interpellé par les badauds qui s’étaient attroupés à mon arrivée qui m’expliquent à base de mimes que le bus suivant est un direct pour Gajner. Délivrance…

 Une fois à Gajner, je me rends au bureau de l’asso et je me pose. Cela fait 72 heures que je n’ai pas dormi…